Bure-les-Templiers (Côte-d’Or)

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La commanderie de Bure-les-Templiers figure parmi les premières maisons fondées en France. Reconstruite par les Hospitaliers et malgré son état de ruine actuel, la commanderie affiche toujours une allure imposante.

Propriété privée - Se visite sur demande

Bure-les-Templiers : le château

Bure-les-Templiers : extrait du plan napoléonien (1833)

Origine & Situation

  • Vers 1130, Païen (Paganus) de Bure a le projet de faire don de ses biens et de sa seigneurie aux Templiers. Il en fait part à Guilencus, évêque de Langres (1126-1136) et Raynald de Grancey, son suzerain.
  • Ces derniers encouragent la fondation du domaine qui deviendra la maison du Temple de Bure Templarii de Buris. Bure-les-Templiers : l'église Saint-Julien

Histoire de la commanderie

  • 1185 : Eudes I, fils de Raynald II, se retire dans la maison de Bure où il prend l’habit des Templiers.
  • 1197 : Mort d’Eudes I.
  • 1312 : Les Hospitaliers héritent des biens des Templiers.
  • 1325 : Le Grand Maître Hieron de Villeneuve, désigne Voulaines comme résidence du Grand-Prieur de Champagne.
  • 1349 : La grande peste fait beaucoup de victimes à Bure ; elles sont enterrées à la Maladière.
  • 1360 : Les chevaliers se Saint-Jean vont s’établir à Epailly mais Bure conserve son titre de commanderie. Bure-les-Templiers : linteau de fenêtre
  • 1371 : Philippe le Hardi, par lettres patentes datées de Rouvres, et confirmées par le roi Charles V, accorde des privilèges et affranchit les habitants tellement endommagés, si appauvris et anichilés [1] que la majeur partie a quitté le lieu réduit à 3 feux.
  • 1560 : L’église tombe en ruines. Les habitants sont en querelle avec les Hospitaliers car chacun se rejette l’obligation de faire des réparations. Bure-les-Templiers : laves taillées en sifflet et inversées pour se claveter entre-elles
  • 1579 : Les habitants tentent de s’affranchir de la servitude de la mainmorte, en se faisant déclarer bourgeois et sujets du roi. Mais ils échouent, et de guerre lasse reconnaissent être de « serve condition », serfs du Grand Prieur.
  • 1588 : Affranchissement définitif par le Grand Prieur, seigneur de Bure afin que le village, affligé par la contagion et du passage des gens de guerre, puisse se repeupler.

« Considérant enfin, que la servitude, et la condition de mainmorte est contraire à la liberté en laquelle les hommes ont été créés de Dieu à la naissance originelle du monde ».

Bure-les-Templiers : église Saint-Julien

  • 1771 : L’église est restaurée telle que nous la voyons aujourd’hui.
  • 1776 : Le Roi supprime les droits seigneuriaux. Le prieur fait opposition pour le droit de Banvin (droit aboli en 1790), en vertu duquel le Grand-Prieur permet à un seul individu et refuse à plusieurs, de tenir cabaret ou auberge au village.
  • 1797 : Considérée comme bien national, la commanderie de Bure est vendue. Bure-les-Templiers : plan de la commanderie

Les bâtiments de la commanderie

  • Le château des commandeurs se compose de trois corps de logis entourant une cour carrée dont le côté septentrional est occupé par l’église.
  • L’entrée principale parait avoir été dans le bâtiment de l’ouest ainsi que l’indique une grande porte accompagnée d’une plus petite. Toutes deux sont en plein cintre.
  • A l’angle méridional du corps de logis ouest est appuyé un bâtiment dont la tradition en fait la prison de la commanderie. Bure-les-Templiers : la commanderie
  • Dans l’aile sud, au rez-de-chaussée, se trouve une salle basse voûtée en ogive dont les arcs reposent sur de courtes colonnes cylindriques. Cette construction remonte au XIIIe ou XIVe siècle.
  • Une tour carrée, placée dans un angle de cour, renferme un bel escalier tournant en pierre aujourd’hui éboulé.
  • En dehors du château, une vaste grange, dite « grange de la Dîme », est tout ce qui reste des anciennes dépendances. Bure-les-Templiers : la commanderie en ruine
  • La commanderie n’est plus qu’un amas de ruines. Bure-les-Templiers : pierre tombale dans l'église
  • Plusieurs pierres tombales présentent la même croix recerclée de ‘’torques’’ [2].

Bure-les-Templiers : l'église Saint-Julien

L’église Saint-Julien

  • L’église se compose de plusieurs parties bien distinctes, construites à des époques différentes. Bure-les-Templiers : pierre tombale de Guillaume de Fougerolles
  • La tradition attribue aux Templiers la construction de l’oratoire primitif.
  • Au XIIe siècle, cette église comporte une nef rectangulaire unique, flanquée d’un clocher latéral formant porche. De cette époque, il ne subsiste que le chœur et la première travée de la nef.
  • Au XIIIe ou XIVe siècle, une seconde nef, parallèle à la première, est construite côté Évangile. Les deux nefs sont mises en communication au moyen d’arcades percées dans le mur. Cette partie comprenait autrefois deux chapelles dédiées à Sainte-Anne et Saint-Jean-Baptiste, patron des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
  • La tour du clocher, jusqu’à la corniche à modillons, est contemporaine de la nef principale.
  • L’édifice abrite plusieurs pierres tombales dont celle du commandeur Guillaume de Fougerolles (1353).

La borne de Beneuvre

Bure-les-Templiers : borne de Beneuvre

  • Un canton [3] de bois de Bure-les-Templiers, situé en limite de la commune de Beneuvre, porte le nom de « Bois de la borne de Beneuvre ».
  • A cet endroit, dans une voie qui sépare les bois des deux communes, est dressée une borne portant une croix gravée dans la pierre.
  • 1296 : un différend s’élève entre Guillaume, seigneur de Grancey, et ses vassaux, les Templiers de Bure.
    - Une entente est trouvée : les Templiers conservent la justice haute, moyenne et basse ; mais l’exécution des coupables reste au seigneur de Grancey.
    - Lorsqu’un coupable est condamné à perdre la vie, à être mutilé ou banni, le juge des Templiers le conduit jusqu’à cette borne croisée, plantée entre les finages de Bure et Beneuvre. C’est à cet endroit que le coupable est remis aux hommes du seigneur de Grancey. Bure-les-Templiers : borne de Beneuvre
  • 1515 : Un certain Parisot a commis des vols et sacrilèges dans les églises de Saint-Germain et de Minot : il est condamné par la justice de Bure à être pendu. C’est près de cette borne qu’il est livré à la justice de Grancey. Le procès-verbal de remise du condamné est dressé par deux notaires, devant le juge de Bure, le bailli, le prévôt et plusieurs autres officiers de la prévôté de Grancey, sur ladite borne.
  • Il est toutefois permis de penser que pareille remise ne fut pas courante.

Les précepteurs du Temple

Bure-les-Templiers : tombe (1971)

  • 1174 : Achardus de Castellione
  • 1177 : Humbertus de Vaucins
  • 1185, 1199 : Guido Bordel
  • 1204 : Nicholaus
  • 1219 : Theobaldus
  • 1235 : O. de Marorlvult
  • 1236-1237 : Guillelmus de Monceaus
  • 1249 : Jacobus
  • 1257, 1258, 1267 : Martinus
  • 1284 : Henricus de Dola
  • 1289 : Hugo de Peraudo
  • 1292-1307 : Petrus de Sevrey

Bure-les-Templiers : cuve en pierre des fonts baptismaux

Les commandeurs de Saint-Jean-de-Jérusalem

Bure-les-Templiers : détail d'une croix

  • 1314 : frère Saouvales
  • 1328 : frère Nicole de Villiers-sur-Suize
  • 1338 : frère Jean Corboron
  • 1353 : frère Guillaume de Fougerolles
  • 1456 : frère Jacquin le Blanc
  • 1572 : frère Michel de Sèvres

Bure-les-Templiers : fenêtre romane Bure-les-Templiers : porte Bure-les-Templiers : sculpture au pignon de l'église

Le mot du propriétaire

Cette rubrique est ouverte au propriétaire du lieu qui peut ainsi s’exprimer librement. Nous lui demandons de nous contacter : contact@insolite-asso.fr

Bure-les-Templiers : l'église

Sources de référence

  • Archives départementales de la Côte-d’Or pour l’extrait du plan napoléonien.
  • Avec l’aimable collaboration de Madame Suzanne PICARD.
  • L’INSOLITE N°30 : Epitaphier de l’Ordre du Temple par Les Amis de l’Insolite. 220 pages (2006).
  • LEONARD (E.-G.) : Introduction au cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le marquis d’Albon.
  • PAJOT (H.) : Monographie de la commune de Bure-les-Templiers. Les Cahiers du Châtillonnais (1888).
  • PICARD (S.) : Les Templiers à Bure.

Notice mise à jour le 20 mars 2014

Notes

[1] Anéantis, réduits à rien

[2] Fer à cheval

[3] Subdivision territoriale d’une forêt

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