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Les Templiers et la mort

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« Evoquer la dernière demeure des chevaliers du Temple, c’est hisser un fanal au-dessus de leur passé et de leur ultime et tragique fin. » Villers-le-Temple : pierre tombale de Gérard de Villers

Mourir au soleil d’Orient

Frère Jean de Dreux

  • Au Moyen Age, se pose le cas des chevaliers morts hors du Royaume.
  • L’art de l’embaumement a disparu, et lorsque l’on évoque que la dépouille d’un chevalier était « apportée », il faut entendre par cette expression que les ossements seuls étaient récupérés. Les corps étaient mis dans une chaudière et on les faisait bouillir jusqu’à ce que les chairs se fussent détachées des os.
  • Cet usage fut condamné en l’an 1300 par Boniface VIII qu’il qualifia de « détestable barbarie ».

La règle du Temple et la mort

  • La règle de l’ordre du Temple ne prévoyait en cas de décès d’un frère que l’organisation du service funèbre.
  • La communauté réciterait cent patenôtres durant sept jours, deux cents pour le Maître général, mais seulement dans la province où le décès était survenu. Le Templier en prière - Dessin de Colette ROUX
  • De larges aumônes étaient aussi prévues, et à la mort du Maître cent pauvres étaient nourris pendant une journée.
  • Pour le décès d’un frère servant ou d’un chevalier, sa place au réfectoire restait garnie pour un pauvre et ce pendant quarante jours.
  • Les Templiers ne possédant rien en propre, les armes et manteaux devaient retourner à l’arsenal.
  • Seule la matrice du sceau utilisé par le défunt, si tel était le cas, devait être brisée et enterrée avec lui afin que personne ne puisse en abuser. C’est ainsi qu’a été exhumée aux Biais, commune de Saint-Père-en-Retz dans la Loire-Atlantique, la matrice du sceau de frère Robert, vraisemblablement précepteur du lieu.

Les rites funéraires

  • On ne peut que faire référence aux rites funéraires en usage à l’époque dans les autres Ordres religieux.
  • Il importe d’abord de s’assurer de la réalité de la mort, dont l’indice le plus certain est la corruption des yeux. Tombe du Temple de Londres
  • On procède ensuite au lavement du corps avant l’enfouissement en terre dans un simple linceul.
  • La fosse, orientée d’Est en Ouest, doit avoir au moins six pieds de longueur et autant de profondeur, afin d’éviter la profanation de la dépouille par les bêtes sauvages.
  • Le corps est déposé auprès de la fosse, du côté du Midi, les pieds à l’Orient pour les frères et chevaliers.
  • Le chapelain et les prêtres auront la tête tournée vers l’Orient.
  • Puis le frère défunt est déposé lentement dans la fosse, avec l’aide d’un frère infirmier. Tombe du Temple de Londres
  • Plus tard, les dignitaires et commandeurs seront enterrés de préférence dans un sarcophage de pierre, accompagné d’une inscription, d’abord apposée sur la muraille, puis plus tard gravée sur le couvercle.

Les épitaphes linéaires

  • Pendant plus d’un siècle, les dalles funéraires érigées sur la tombe des Templiers et de leurs dignitaires restèrent très simples.
  • Au-dessus du tombeau, une inscription tumulaire murale se compose d’un bref texte latin, disposé sur six ou huit rangs séparés par une ligne et composés de vers léonins.
  • Les mots sont séparés par deux ou trois points superposés.

Pierre découverte à Ascalon, au Nord de Gaza

« Maréchal Hugues Salomon de Quilliou, preux chevalier de l’insigne milice du Temple, guerrier courageux, assaillant intrépide, redoutable aux ennemis, humble avec ses compagnons, terrassé par la pierre d’une catapulte, inhumé dans cette tombe sous le titre qu’on peut lire. »

Epitaphe de Gualdim Pais (Portugal)

« Frère Gualdim, maître des chevaliers du Temple de Portugal est mort le 13 octobre 1233 de l’ère ibérique (1195). Avec plusieurs autres [compagnons], il occupa [peupla] le château de Tomar. Qu’il repose en paix. »

Pierres tombales templières

- 1. L’écu, l’épée et la croix Bagnault : pierre tombale

  • Dans son ‘’Encyclopédie médiévale’’, Viollet-le-Duc avance que les pierres tombales posées sur les sépultures des Templiers ne portaient habituellement aucune inscription, mais une simple croix grecque, un écu, et parfois un triangle équilatéral.
  • L’auteur laisse entrevoir l’importance de ce triangle équilatéral, signe adopté par les Templiers, qui se remarque notamment sur quelques dalles tombales de chevaliers du Temple, à Saint-Jean de Créac’h, près de Saint-Brieuc, par exemple.

Courteix : pierre tombale dans l'église

- 2. La noble épée

  • Certains prétendent que la coutume de l’époque voulait qu’à la mort du chevalier, sa propre épée soit posée sur la pierre.
  • Les contours en étaient tracés puis creusés au ciseau pour en assurer les gravures au trait admirables encore aujourd’hui.
  • Le style et les dimensions de cette arme offensive de main seront primordiales pour la datation de la pierre. Commanderie d'Ensigné : pierre tombale utilisée en linteau

- 3. La croix de l’Ordre

  • La croix que portaient les Templiers, cousue sur leurs vêtements, était la croix grecque chrétienne.
  • A branches égales et rectilignes, elle était d’une simplicité élémentaire, stricte, en corrélation directe avec la Règle et la vocation de l’Ordre. Ainsi en témoignent nombre de pierres tombales à effigies ou gravées au trait.

Le Guéliant : pierre tombale

Pierres tombales templières à effigies, avec épitaphe

Fontenotte : Pierre tombale de Frère Etienne de Tilchâtel (1271)

  • Ce ne sont pas des portraits comme en témoignent certains marchés passés entre les « tumbiers » et leurs clients.
  • Le tombier se bornera à représenter le personnage portant les signes extérieurs correspondant à son rang et à le figurer dans la tenue de sa fonction : chevalier, clerc, …
  • Les pieds du personnage sont appuyés sur un animal symbolique : un lion pour les chevaliers et pour les ecclésiastiques, un dragon, un aspic ou un basilic.
  • A partir du XIIIe et jusqu’au XIVe siècle, une inscription funéraire [1] est inscrite dans un étroit bandeau encadré de deux lignes qui font le tour de la dalle.
  • Le texte nous fait connaître le nom du défunt, sa fonction, la date de sa mort située par rapport à la fête liturgique du moment.
  • L’inscription se termine toujours par une invocation.
  • Les Templiers y sont représentés en habit de maison et sont rarement armés.

Tombeaux & gisants

  • Seuls la datation et le lieu de la découverte permettent d’attribuer ces sépultures anépigraphes [2] à des frères du Temple. Église de Saint-Aubin d'Écrosville – Gisant de Richard de Harcourt Temple de Londres : Gisant de Guillaume le Maréchal
  • Peu de gisants se rapportent à l’ordre du Temple.
  • En majorité, ce sont des ‘’donats’’, des chevaliers qui comme Guillaume le Maréchal (William Marshall) se sont donnés, c’est-à-dire liés à l’Ordre, se réservant ainsi de prendre l’habit à l’approche du trépas. Georges Duby évoque l’une des dernières paroles de Guillaume : « Ecoutez-moi ! Il y a longtemps que je me suis donné au Temple ; maintenant je m’y rends. »
  • Les gisants du Temple de Londres ne sont pas tous des Templiers.
  • Le gisant du Temple de Carentoir est en bois.

Carentoir : Gisant ou saint dormant de l'église du Temple Journet : lanterne des morts (Gossin)

Et chaque nuit, la lanterne des Morts, érigée au centre du cimetière, invite les gens d’Église et les fidèles à prier pour les défunts.

Alors que le monde s’endort, le clocheteur des Trépassés parcourt inlassablement les rues de la ville. Revêtu d’une longue robe noire, il agite sa clochette. De place en place, le « veilleur » annonce l’heure et psalmodie :

« Réveillez-vous, gens qui dormez.

Priez Dieu pour les trépassés.

Requiescant in pace. »

Appel aux internautes !

contact@insolite-asso.fr

  • Yves Naud recherche la pierre tombale disparue présentée ci-dessous et qui était, semble-t-il, celle d’un des premiers commandeurs de Villedieu-la-Blouère. Villedieu-la-Blouère : pierre tombale disparue
  • La pierre mesure 2,4m de long par 1,1m de large.
  • Un appel est lancé aux personnes qui pourraient donner une lecture correcte de l’épitaphe.
  • Ci-dessous, de précédentes tentatives de transcription peuvent vous aider. Villedieu-la-Blouère : description de la pierre Villedieu-la-Blouère : description pierre tombale

Sources de référence

  • L’INSOLITE N°30 : Epitaphier de l’Ordre du Temple par Les Amis de l’Insolite. 220 pages (2006).

Notice mise à jour le 18 janvier 2014

Notes

[1] Epitaphe

[2] Sans inscription, sans titre

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