La Villedieu (Yvelines)

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Fondée en 1180, la commanderie de La Villedieu est un bel ensemble aujourd’hui restauré. Une visite du site et principalement de la chapelle s’impose !

Site accessible et visitable selon des heures d’ouverture

Commanderie de La Villedieu

Origine et Situation

  • La commanderie de la Villedieu fut fondée probablement vers l’an 1180, aucune archive ne permet d’en arrêter la date précise.
  • L’acte le plus ancien est une confirmation par Arnaud de la Ferté, seigneur de Villepreux, de la donation faite par son vassal Dreux de Villette aux chevaliers du Temple d’une mesure de blé froment. Cette charte, passée sous le sceau du donateur est datée de l’épiscopat de Jean, Evêque de Chartres. Or cet Evêque fut élu à cette fonction le 22 juillet 1176 et mourut le 25 octobre 1178, ce qui signifie que la commanderie existait déjà à cette date. La Villedieu : localisation de la commanderie
  • La commanderie de la Villedieu est située sur la commune d’Elancourt, en bordure de la RN 10.
  • Acquise en 1970 par l’Etablissement Public d’Aménagement de la Ville Nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, elle est restaurée de 1971 à 1977. La Villedieu : plan napoléonien

Donations à la préceptorie

Sceau de Guy II de Chevreuse, Col. Arch. Nat. S. 5128, N°10

  • 1149 à 1182 : Gui II, seigneur de Chevreuse donne en aumône aux Templiers une maison à la Brosse et une autre à la Villedieu, avec le droit de justice et toutes les dépendances, appartenances et droits en relevant, excepté le droit de chasse. Il faut voir dans cette donation, la fondation même de la commanderie.
  • Décembre 1281 : Sédille, dame de Chevreuse, arrière-petite-fille de Gui, se démet définitivement en faveur des Templiers de la Villedieu, des droits qu’elle peut encore avoir sur l’ensemble des biens ayant été cédés par "Gui chevalier et Simon, fils dudit Gui, ses prédécesseurs, jadis seigneurs de Chevreuse".
  • Septembre 1206 : Pour la première fois, apparaît le nom de la maison templière "de la Villedieu de Maurepas", dans un acte d’accord intervenu entre les Templiers et l’abbaye de Saint-Denis. Sceau de Sébille, dame de Chevreuse, Col. Arch. Nat. S. 2125, N°21
  • Janvier 1213 : Le seigneur Pierre de Richebourg et son épouse Aveline de Corbeil donnent en aumône perpétuelle une dîme sur le village de Maurepas.
  • Novembre 1256 : Milon, châtelain et seigneur de Maurepas, du consentement de sa femme Marguerite, amortit l’ensemble des biens possédés par les frères de la Villedieu et accorde qu’ils en jouissent à l’avenir paisiblement et en main-morte dans sa seigneurie, sans nulle charge ou redevance, pour le salut de son âme et celle de ses pères, mères et successeurs.
  • Mai 1258 : Raoul Roger, meunier du Launay à Elancourt, et Philippotte, son épouse, abandonnent "en pure et perpétuelle aumône, pour le salut de leurs âmes", un setier de blé à prendre chaque année le jour de la Nativité sur le moulin Franchet.
  • Janvier 1259 : Pierre Grisard, bourgeois de Paris, malade de corps mais bien sain d’esprit, lègue aux Templiers de la Villedieu une maison et son enclos, une pièce de vigne et trois arpents de pré en bordure du ruisseau de la Brosse, pour y faire construire après sa mort une chapelle pour le repos de son âme. Sceau de Jean (1283) Col. Arch. Nat. S. 5138, N°60
  • Avril 1283 : Jean, chevalier, sire et châtelain de Maurepas renonce purement et simplement en aumône perpétuelle à tous les droits qu’il avait ou auxquels il pouvait prétendre sur les biens possédés par les Templiers dans son fief de Maurepas, "pour le profit de son âme et celle de ses prédécesseurs, et pour la dévotion qu’il a pour la religion du Temple".
  • Avril 1295 : Perrin de Maurepas, écuyer, donne "pour le salut de son âme, en pure et perpétuelle aumône" aux frères de la maison de la Villedieu, une pièce de terre pour pemettre aux Templiers d’accéder en chariots à leur vigne des "chaudes vallées, à Maurepas, et pour entreposer leurs sarments, liens, vendanges et autres". La Villedieu : cour intérieure de la commanderie

Administration du domaine

Etat et évaluation de la commanderie de la Villedieu "lez-Malrepast de la diocèse de Chartres" en l'an 1373. Arch. Nat. S. 5543, folio 59.

  • Depuis sa fondation, jusqu’à la Révolution, le passage de l’ordre du Temple à celui des Hospitaliers ne modifia guère le système d’administration de la commanderie placée sous l’autorité d’un commandeur qui avait pouvoir sur son domaine et ses gens, et qui relevait primitivement du Temple de Paris.
  • Un registre des comptes de 1487 nous apprend qu’un receveur était chargé de collecter les impôts et redevances diverses dus aux Templiers. Ce receveur devait donc recouvrer en espèces sonnantes et trébuchantes les impôts sur la terre, ou sur les produits de son exploitation, comme le cens ou la dîme ou encore la novale perçue sur les terres récemment défrichées et notamment à : La Bardelle, à Montfort-l’Amaury, Bazoches, au Tremblay, à La Verrière, Elancourt, Maurepas, au Mesnil-Saint-Denis, à la La Brosse et Trotigny, Poissy, Feucherolles, Grignon, Thiverval, Crespières, Vaux-en-Meulan, Mareil-sous-Marly et Fontenay-le-Fleury. La Villedieu : la chapelle

Fin du Temple de la Villedieu

  • 13 octobre 1307 : le commandeur et les Templiers de la Villedieu sont arrêtés. La place prise et ses occupants capturés, les baillis royaux dressent sur le champ un inventaire des biens de la commanderie et saisissent les registres et livres de comptes.
  • L’ensemble des biens est mis sous séquestre et des dispositions sont prises pour que l’exploitation du domaine se poursuive.En 1312 l’ordre des Hospitaliers "hérite" du Temple de la Villedieu qui est alors placé sous l’obédience de la commanderie de Louviers Vaumion, dans le Val-d’Oise.
  • A la fin de la guerre de cent ans, le domaine est dans un état de délabrement et de ruine qu’il est réuni à l’hôpital Saint-Jean de Latran de Paris.
  • Au XIXe siècle, une partie de la commanderie est transformée en distillerie.
  • 1900 : La Villedieu est la ferme la plus importante d’Elancourt, on y compte une douzaine d’ouvriers agricoles. Les bâtiments de la commanderie ne sont plus que ceux d’une vaste exploitation agricole. La chapelle est transformée en grange, ses ouvertures comblées, chaque espace entre ses contreforts est utilisé pour faire des clapiers. La Villedieu : vue sur la cour intérieure

Description de la commanderie

  • Elle comporte un mur d’enceinte, une chapelle, un bâtiment des Gardes et plusieurs constructions disposées autour d’une pièce d’eau et d’une vaste cour intérieure.
  • Les constructions sont réalisées en meulière, les couvertures sont en tuiles plates portées par des charpentes en poutres à peine équarries. La Villedieu : portail de la chapelle

La chapelle

  • De style gothique primitif, la chapelle fut construite vraisemblablement au début du XIIe siècle.
  • Elle est parfaitement orientée, comporte trois travées et se termine par une abside à sept pans.
  • Ses dimensions intérieures sont de 28 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 11,80 mètres de hauteur.
  • Les murs sont étayés par des contreforts qui montent jusqu’au toit.
  • Le porche d’entrée est surmonté d’une archivolte en pointes de diamant.
  • L’angle sud-ouest de la chapelle est flanqué d’une tour octogonale éclairée en son sommet de 5 fenêtres surmontées elles-mêmes d’un toit conique.
  • La charpente en chêne est constituée de poutres d’origine.
  • Toutes les clefs de voûte sont sculptées.
  • Juillet 1926 : Fortement délabrée, la chapelle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. La Villedieu : plan de la chapelle

Les vitraux de la chapelle

  • Les quatorze fenêtres de la chapelle sont des grisailles [1] ornées de médaillons du XIVe siècle.
  • Ces médaillons proviennent des vitraux détruits de la commanderie de Sainte Vaubourg en Normandie.
  • A l’époque de la Révolution, ils furent préservés et mis en dépôt à l’abbaye de Saint-Denis.
  • Quinze d’entre eux ont été transférés à la Villedieu et insérés dans les grandes fenêtres du chœur de la chapelle. La Villedieu : vitrail La Villedieu : vitrail

Le bâtiment des Gardes

  • Le bâtiment des Gardes est certainement le premier bâtiment construit par les Templiers, avant même la chapelle.
  • Il était spécifiquement militaire et servait de caserne, salle d’armes, dortoir, réfectoire.
  • Ses ouvertures sur l’extérieur sont peu nombreuses et sa surface est comparable à celle de la chapelle. La Villledieu : le pavillon des Gardes - Cliché Bardoux

Le bâtiment de Bièvres

La Villedieu : borne

  • C’est un long bâtiment de 48 mètres, vraisemblablement construit sur l’emplacement de l’ancien bâtiment du commandeur.
  • Au-dessus de la porte d’entrée est insérée une pierre sculptée en bas relief et sur deux faces opposées d’une croix templière.
  • Cette pierre, peut-être une borne de délimitation de propriété, fut découverte sur les lieux-mêmes, lors des travaux.

Le bâtiment de Chevreuse

  • Comme le bâtiment de Bièvres, il fut reconstruit au XVIIe ou XVIIIe siècle.
  • Il a conservé son plan et ses proportions d’origine.
  • Sa façade de plus de 100 mètres de long est en meulière et comporte des ouvertures irrégulières faites en fonction de l’utilisation du bâtiment en exploitation agricole.

Les commandeurs de Saint-Jean-de-Jérusalem

  • 1354 : Frère Thomas Mouton
  • 1356 : Frère Jean de Saint-Germaimont
  • 1373 : Frère Huc le Pasquier
  • 1380 : Frère Jehan le Pellier La Villedieu : cour intérieure

Sources de référence

  • DAVIS (Yvonne) - WILLER GARIN (Oksana) - HODJ (Erik) - DELAUNAY (Eugène) : Commanderie des Templiers de la Villedieu. 72 pages + photos. Plaquette réalisée lors de l’exposition "Les Templiers, autrefois…". (1991).
  • BELOT (Victor R.) : La commanderie des Templiers de La Villedieu. 36 pages (1978).
  • BERGER (J.B.) et PAVILLET (J.N.) : Inventaire analytique du cartulaire blanc de l’Abbaye de Saint-Denis. (2 vol. ms. A.N.).
  • MORIZE (L.) : Notes topographiques, historiques et archéologiques sur le canton de Chevreuse. (Tours, 1866).
  • Archives Départementales des Yvelines

Notes

[1] Peinture vitrifiable composée d’un fondant et d’oxydes métalliques. Sa couleur est souvent noire ou brune.

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